Un rassemblement a eu lieu samedi 17 octobre sur le pont Saint-Michel, à Paris, pour commémorer le 65e anniversaire du massacre de manifestants algériens par la police aux ordres du préfet de police, Maurice Papon. Ce jour-là des dizaines de milliers d’entre eux avaient répondu à l’appel du Front de libération nationale (FLN) pour protester contre le couvre-feu ouvertement raciste, car ne visant que les Algériens, que venait de décider le gouvernement. La manifestation, qui se voulait pacifique, regroupa 30 000 personnes, hommes, femmes et enfants. Elle tourna vite au massacre sanglant. Alors que plus de 10 000 Algériens étaient interpellés, d’autres étaient tués ou blessés par les forces de répression, certains jetés vivants dans la Seine. Les historiens estiment aujourd’hui à plusieurs centaines le nombre des victimes, les corps de certains d’entre eux n’ayant jamais été retrouvés. Moins d’un an plus tard, l’Algérie obtenait son indépendance après une guerre coloniale qui avait fait 400 000 morts côté algérien. La guerre est finie depuis longtemps mais le racisme anti-arabe qu’elle a alimenté demeure vivace.
