Le chiffre a été révélé par Mediapart, et relayé par plusieurs organisations syndicales dont la Fédération SUD-PTT : La Poste a prévu de fermer près de 500 bureaux d’ici la fin 2027. On est passé de 8 144 bureaux de poste en 2018 à 6 624 en 2026, une baisse de 20 %. Des mobilisations locales contre la fermeture de tel ou tel bureau de poste sont fréquentes. Une minorité parvient parfois à empêcher provisoirement la disparition du bureau, avec un rôle important joué par les mairies.

La direction justifie ces fermetures par un seul argument : la « baisse du trafic », autrement dit la baisse de fréquentation dans les bureaux, largement suscitée par la Poste elle-même à travers la réduction des horaires d’ouverture et le renvoi des usagers vers les automates pour les opérations dites non-rentables.

C’est le même discours de la « baisse du trafic courrier » qui vient à l’appui des suppressions d’emplois dans les bureaux eux-mêmes, que ce soit au niveau des facteurs, des guichets, des centres de tri et de tous les services : 70 000 postes supprimés entre 2014 et 2025.

Du côté des directions syndicales, même stratégie, ou absence de stratégie : quand un coup de colère éclate dans un bureau, on dépose un préavis de grève local. Les seules grèves qui ont réellement empêché des restructurations et des suppressions d’emplois ont été menées à l’échelle d’un département ou d’un territoire, comme dans le 92 ou en Guadeloupe. Et là encore, les reculs de la direction ont été provisoires.

La direction du plus gros groupe du pays pèse de tout son poids pour faire passer chacune des restructurations et chacune des fermetures. Tandis que les postiers et leurs soutiens n’engagent des forces que de manière ponctuelle et désynchronisée.

La bagarre contre les fermetures de bureaux et celle contre les suppressions d’emplois posent la même exigence : il faut une mobilisation nationale, une grève de toutes les postières et tous les postiers appuyée par une large coalition de soutiens, syndicats, partis, associations. Une confrontation avec La Poste et l’État à qui elle appartient.

Correspondant