Du 14 au 29 septembre, deux écoles de Gennevilliers ont été impliquées par un sujet : les punaises de lit !

Après une première alerte avec droit de retrait lancé par le personnel de service, l’équipe pédagogique a pris le relais par un droit de retrait pour suspicion de punaises de lit. Alors que la situation leur semblait claire comme de l’eau de roche face à ce fléau sanitaire aux impacts psychologiques et financiers largement connus, il n’en a rien été. Il aura fallu exercer sept droits de retrait répartis sur six jours pour imposer des inspections et des désinfections dans les endroits marqués et des rapports d’intervention de la part des prestataires.

Un climat fait de fortes pressions s’est installé : personnel menacé de se faire prélever son salaire, car le danger n’était pas imminent au sens de plancher qui s’effondre dans la seconde ; fatigue accumulée par la mise en sécurité d’ enfants accueillis dans la cour ; communication contradictoire, voire mensongère, émanant des différents services de l’éducation comme de la municipalité. Jusqu’au 21 septembre, l’administration, par échanges quotidiens, a reconnu que la situation méritait des aménagements, à savoir pour les enseignants le refus de rentrer dans les classes et certaines parties communes. Toujours en insistant sur l’absence de danger imminent qui invaliderait le droit de retrait mais en confirmant le non retrait de salaire.

À partir du moment où les premières interventions commencent, avec perspectives de désinfections à la clé, la pression à la reprise augmente. Mais en l’absence de documents d’experts, le personnel réitérera son droit de retrait jusqu’au 25 septembre après enfin une rencontre officielle avec des représentants de l’administration et de la mairie et l’assurance de recevoir les documents certifiant les interventions et leurs conclusions.

C’est ce même jour que les enseignantes et les enseignants recevront la première communication écrite de la direction académique disant dans un même courrier que le DGI datant au 22 septembre (danger grave et imminent) ne peut être reconnu, au moment où il y a interventions, et donc la reprise doit avoir lieu, mais ne donnant consigne de remonter dans les classes que le 25 septembre, jour même du courrier.

Quant à la F3SCT, elle n’enverra de retour que le… 29 septembre, reprenant à son compte toutes les expressions type de l’ARS et en répondant la même formule éculée sur le DGI non reconnu, mais surtout ne donnant signe de vie que 14 jours après le premier droit de retrait !

La non reconnaissance de DGI, et donc du droit de retrait qui lui est lié, pose un problème dans la reconnaissance formelle de ces droits de retrait, pour risque sanitaire par exemple, mais le non prélèvement de salaire marque une première brèche et ouvre la possibilité d’imposer de nouveaux documents liés au droit du travail qui prennent en compte tant les situations sanitaires liées aux nuisibles que les conséquences à venir des vagues caniculaires.

Dans l’affaire des punaises de lit, c’est le refus du mépris et la solidarité entre parents, enseignants et AESH qui ont été la clé pour mener ce combat et montrer le caractère indispensable des cadres collectifs pour affronter le leitmotiv du ministère de l’Éducation nationale : quoi qu’il arrive, pas de vague !

Correspondant