
Le 17 octobre, 16 postières et postiers de l’usine ont participé à la manifestation derrière leur banderole « Postiers en grève ! ». Une bouffée d’oxygène comparée à l’ambiance de caserne de la PIC. Se retrouver ensemble dans la rue, entourés de jeunes et de moins jeunes en lutte, cela donne envie de lutter davantage encore. Et surtout de s’organiser pour le faire.
Une bouffée d’oxygène
Le lendemain, de retour au travail, les collègues demandent « Comment ça s’est passé ? », « Est-ce que ça a été avec la casse ? » Les manifestants racontent cette marée humaine qui a défilé avec des revendications bétons contre la vie chère, dans un esprit festif de convergence des colères. Une version bien différente de celle que servaient les plateaux télé… Et qui ébranle les représentations de bien des collègues. Peut-être se laisseront-ils convaincre de venir à la prochaine ?
Dans l’usine, l’état d’esprit évolue
Un changement d’état d’esprit s’est d’ailleurs produit dans l’usine entre les premières semaines du mouvement et la suite. La révolte de la jeunesse, ses revendications si proches de celles des travailleurs sur le manque d’argent, la violence de la répression exercée dès le départ, mais aussi un sens de l’humour et du spectacle à toute épreuve – les battle d’aura et les Spiderman ont débarqué sur les écrans et dans les conversations. Tout cela est venu percuter des préjugés pourtant bien enracinés (les jeunes seraient des fainéants, juste bons à tout casser, les luttes ne servent à rien, la police ne fait que son devoir…). Les discussions sont désormais ouvertes sur tous ces terrains !
Ce n’est qu’un début
Le 24 octobre, une poignée de postières et postiers est revenue manifester, contents de redéployer la banderole, un signe de ralliement pour tous les travailleurs qui hésitent encore à rejoindre ce combat initié par la jeunesse.
Les gaz lacrymogènes lancés dans les cortèges par la police ont été l’occasion de respirer la vraie odeur de la démocratie. Cette intimidation n’a pour le moment pas découragé les jeunes participants à revenir de plus en plus nombreux et elle ancre dans les esprits des quelques travailleurs présents que le droit de manifester est un combat.
Et puisque le mouvement s’inscrit dans la durée, d’autres dates sont déjà attendues. Le 31, le 3, le 5 novembre. Autant d’occasions de discuter, convaincre, et revenir plus nombreux et plus forts, en grève et en manifestation. Pour que la peur change de camp, dans la rue comme dans l’usine, face aux patrons.
Correspondant
