Lundi 5 octobre au collège Fontenelle à Rouen, une cinquantaine d’élèves ont tenté de bloquer leur établissement.

L’appel au blocus issu d’un groupe Snapchat de plus de 200 collégiens, principalement de classes de 4ᵉ et 3ᵉ aura rassemblé une cinquantaine d’élèves, rapidement dispersés par l’arrivée de la BAC. Si l’appel à bloquer est parti de l’envie de rejoindre les lycéens en lutte aperçu depuis le bus sur le trajet du collège, ces jeunes élèves n’en ont pas moins de nombreuses revendications.

L’établissement accueille chaque année plus de 870 élèves dans des locaux inadaptés à ce nombre conséquent d’élèves. Par exemple, la cantine ne comprend qu’une centaine de places, ce qui contraint les élèves à n’avoir que 20 minutes pour manger. Les bâtiments ne sont pas seulement trop petits, mais aussi délabrés avec des fissures, de l’humidité sur les murs, des salles où la température est tellement basse que, l’hiver dernier, une professeure d’arts plastiques a refusé à juste titre de faire classe dans ces conditions !

Les collégiens dénoncent aussi les forts effectifs des classes et le manque de profs : « On est 32 par classes, un cours c’est 50 ou 55 minutes, ça fait que le prof a même pas deux minutes par élève. En plus, on n’a pas de prof de techno, comme certains élèves de 3ᵉ, alors comment on fait si ça tombe au brevet ? »

Les collégiens dénoncent en fait une institution scolaire à deux vitesses, « le voyage, il coûte 400 euros, on peut avoir 100 euros en allant voir l’assistante sociale, mais il reste toujours 300 euros, c’est beaucoup ».
« Et puis, nous, on est toujours convoqués au moindre truc, tout ça parce qu’on faisait des petites conneries en 6e, mais on a évolué depuis. » La pression de l’avenir pèse au point qu’ils ont du mal à l’imaginer lorsqu’ils voient leurs camarades lycéens s’inquiéter pour Parcoursup.
 
Mais comme eux, ils préfèrent la révolte à la résignation.

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