Entre le 14 et le 15 octobre à Rouen, ce sont pas moins de 25 jeunes, essentiellement des lycéens, qui ont été placés en garde à vue et pour des durées allant jusqu’à 24 heures. Plusieurs d’entre eux ont passé une nuit au poste malgré les courriers adressés au préfet par l’intersyndicale FO, CGT, FSU, Solidaires et la LDH. Un jeune de 14 ans a même été interpellé devant un des lycées de la rive droite. La répression ne s’est pas arrêtée aux ados : des militants politiques et syndicaux identifiés ont aussi été arrêtés. Nous exigeons leur libération immédiate et l’abandon de toutes les poursuites vis-à-vis des personnes arrêtées dans le cadre du mouvement lycéen !

La violence inouïe de la BAC est à dénoncer, elle qui multiplie les brutalités policières et les insultes sexistes ou racistes. Ce à quoi il faut rajouter la violence décuplée de la gendarmerie mobile. Mercredi, sur le lycée des Bruyères de Sotteville-lès-Rouen, alors qu’environ 200 élèves étaient rassemblés (dans une ambiance détendue au point qu’ils discutaient posément avec le proviseur), plusieurs compagnies de gardes mobiles ont remonté la rue au pas de charge et gazé largement les lycéens, frappant çà et là à coups de matraque. Les gendarmes ont pourchassé les lycéens dans toutes les rues sur plusieurs kilomètres, arrêtant à tour de bras.

Dans ce déchaînement de violences, même les agents de surveillance de la voie publique (ASVP) s’en sont donnés à cœur joie car, on a pu les voir enfiler casque et bouclier, et charger gazeuse à la main ! La brutalité de la police n’égale cependant pas la détermination des jeunes. Alors que le 15, aucun lycée n’a pu rester ouvert, ce sont plusieurs centaines de manifestants qui se sont rendus devant le commissariat central de Rouen pour exiger la libération de tous les jeunes enfermés pour le seul crime de ne pas avoir accepté l’avenir désespérant auquel on les condamne.

Correspondants