
Après la déferlante du 17 octobre (plus de 15 000 personnes en manif), la semaine qui a suivi a été ouverte par des AG à la participation inédite depuis le début du mouvement sur les campus de sciences (Madrillet) et de droit (Pasteur). En ajoutant celles du campus de lettres-sciences-humaines de Mont-Saint-Aignan et de l’école d’architecture, ce sont près de 1700 étudiants qui ont voté le blocage des facs… ce qui a conduit la présidence de l’université à fermer administrativement tous les campus à partir du mardi. La stratégie du lock-out, déjà très largement pratiquée sur les lycées de l’agglomération rouennaise entre le 1er octobre et les vacances scolaires, a rendu plus difficile l’organisation du mouvement. Une manifestation d’une grosse centaine d’étudiants a quand même eu lieu jeudi 22 octobre, en réponse à l’appel de la coordination nationale étudiante. L’Insa a été bloqué ce jour-là également (inédit pour cette école d’ingénieurs située à Saint-Étienne-du-Rouvray). Des étudiants en formation des métiers du social de l’IDS de Canteleu se sont aussi lancés dans le mouvement pour leurs conditions d’études et de travail.
Un tract appelant à manifester samedi 24 a été distribué par les étudiants mobilisés : l’accueil de la population laissait entrevoir une envie de revenir manifester à leurs côtés malgré la pression médiatique contre les « casseurs ». Entre deux, la préfecture de Seine-Maritime avait multiplié des arrêtés interdisant les manifestations en centre-ville mais aussi autour de la préfecture et dans le quartier Saint-Sever et la régie des transports en commun rouennais (TCAR) avait annoncé l’absence de transports en commun permettant de se rendre en ville le samedi après-midi. Finalement, alors que la CGT et la FSU avaient renoncé à le faire, Solidaires 76 a déposé seule un parcours de manifestation en dehors de la zone interdite.
Cela a permis à plus de 8000 manifestants de se retrouver à Joffre et de manifester durant deux heures sur les grands axes de la ville dans une ambiance combative. Et malgré le déploiement policier digne d’une dictature, plus d’un millier de manifestants a réussi à pénétrer dans la zone interdite. C’est d’ailleurs au sein de celle-ci qu’une trentaine de fachos, les « Normaux », des identitaires bien connus, se sont rassemblés ouvertement toute la journée sous couvert de « protection des petits commerces » sans qu’ils soient le moins du monde invités à se disperser par les flics… Ces mêmes flics qui les ont même carrément couverts lorsqu’ils s’en sont pris violemment à des groupes de manifestants vers 17 heures autour du palais de justice. Une collusion qui s’est apparemment déclinée à l’identique dans une dizaine d’autres villes… voilà de quoi nourrir nos slogans pour les prochaines manifs, car évidemment ni les uns ni les autres ne nous empêcheront de manifester dès la semaine prochaine !
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