Fin octobre et début novembre, dans plus de 30 grandes villes du pays, des manifestations ont eu lieu à l’appel d’une organisation baptisée « GenZ regelt » (la Génération Z s’en occupe). Les jeunes ont afflué en masse dans les rues pour dénoncer notamment l’austérité, qui touche fortement le budget de l’éducation, les mauvaises conditions de vie mais aussi la conscription, patrie intégrante de la politique de militarisation que poursuit le gouvernement fédéral. Dans plusieurs villes, notamment à Francfort-sur-le-Main, Cologne, Hambourg et Berlin, des affrontements ont éclaté à la fin des rassemblements opposant des jeunes à la police. Le ministre de l’Intérieur chrétien démocrate, Alexander Dobrindt, a aussitôt désigné les coupables de ces incidents : d’abord, bien sûr, « des groupes de gauche radicaux » mais aussi et surtout « le chaotique milieu migratoire ». Et il a ajouté qu’il allait sévir. Sus aux migrants ! On se croirait en France. À une différence près : Dobrindt fait partie, outre-Rhin, d’un gouvernement de coalition qui, outre les chrétiens-démocrates, comprend aussi les sociaux-démocrates, censés représenter la gauche. Ce qui ne change pas grand-chose au sort de la jeunesse… ni à celui des migrants.