Lors des élections régionales visant à renouveler le parlement régional de Saxe-Anhalt, le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) a remporté 44 % des suffrages, devançant de loin les chrétiens-démocrates de la CDU (18 %), le parti de gauche Die Linke (9,5 %), les Verts (9 %) et les socialistes (8 %). Si cette large victoire de l’AfD était prédite par tous les sondages, elle n’en demeure pas moins inquiétante. Son leader, Ulrich Sigmund, a surfé sur les frustrations et souffrances sociales que subit la population d’outre-Rhin avec un gouvernement fédéral formé d’une coalition entre chrétiens-démocrates et socialistes (dite « noire-rouge ») qui multiplie les attaques contre les classes populaires. Le chancelier Merz a d’ailleurs prévu de procéder à de nouvelles coupes dans les budgets de l’assurance-maladie, de l’État-social et des retraites. De plus il veut déréguler davantage encore le Code du travail et en finir, par exemple, avec la norme de la journée de huit heures sous prétexte d’octroyer ainsi plus de flexibilité aux entreprises. Ces mesures frappent encore plus durement les travailleurs d’Allemagne orientale (ex-RDA), dont moins d’un tiers sont couverts par des conventions collectives. Enfin, en matière de lutte contre les migrants, les partenaires gouvernementaux collent à la roue de l’AfD. Ils ont déjà fermé partiellement les frontières et reconduit nombre de demandeurs d’asile, jusqu’à des Afghans renvoyés chez eux. Cette politique réactionnaire n’a fait que pousser vers l’extrême droite une bonne partie des classes populaires. On en voit aujourd’hui le résultat.