Face aux mobilisations et aux violences du 17 octobre dernier, l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom), le gendarme de l’audiovisuel, a rappelé à l’ordre les chaînes de télévision et de radio. Elle a écrit à l’ensemble des éditeurs audiovisuels pour exiger un « traitement rigoureux et équilibré » des manifestations et des incidents qui les ont émaillées, leur demander de maîtriser leur antenne pour éviter les propos discriminatoires ou porter atteinte aux droits des personnes. Sont plus spécifiquement visés CNews après les déclarations de la journaliste Lara Tchekov évoquant la présence fantaisiste d’armes automatiques chez des manifestants ainsi que pour des interventions d’Éric Zemmour, mais aussi le journal de 20 heures de France 2 de Laurent Delahousse pour un document de 12 minutes consistant en une succession d’images chocs (casseurs, incendies, jets de projectiles) sans quasiment aucun commentaire journalistique, ni mise en contexte. De plus, ledit JT de 48 minutes avait, en tout et pour tout, consacré deux minutes aux revendications des 600 000 manifestants. Deux exemples parmi beaucoup d’autres dont notamment le rôle supposé de LFI et de « l’ultra-gauche » dans la mise à sac des commerces. Mais si les avertissements de l’Arcom sont justifiés, ils ne font qu’effleurer la question. Car c’est avant tout le gouvernement et le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, qui ont donné le ton dans la diffusion de fausses nouvelles ayant pour but de calomnier et de discréditer le mouvement de masse des jeunes dans la rue.