
Atelier 4, d’Hélène Gestern
Grasset, 2026, 288 p., 21,50 €
L’atelier 4, c’est cet atelier ultrasécurisé d’une usine d’une multinationale fabriquant du papier écocertifié, dans lequel le corps de Natacha, ingénieure chimiste, a été retrouvé. Les policiers venus l’annoncer à Irène, sa sœur, médecin généraliste à Fontainebleau, lui demandent d’identifier le corps.
L’incompréhension s’ajoute à la douleur pour Irène : que faisait sa sœur, de nuit, dans cet atelier où elle n’était pas habilitée à pénétrer ? Accident ? Suicide ? Ces questions la hantent et, malgré les injonctions de ses proches à faire son deuil, elle cherche à comprendre.
Elle rencontre des collègues de Natacha, des avocats que cette dernière avait contactés. Elle découvre que sa sœur vivait un enfer dans son travail, car elle avait découvert des pratiques de greenwashing.
L’avancée de l’enquête d’Irène est entrecoupée de monologues de ses patients, qui tous et toutes, lui parlent de leurs souffrances au travail.
L’ensemble, très prenant, dessine un univers dans lequel la fausse bienveillance des grandes entreprises alliée aux mensonges pour protéger leurs intérêts peuvent être meurtriers tout comme la maltraitance vécue par nombre de salariés au travail.
Liliane Laffargue
