C’est un organisme pourtant bien modéré, le « Comité pour l’élimination de la discrimination raciale » dépendant de l’ONU, qui dénonce les déclarations publiques de responsables israéliens voulant infliger au Liban « le même niveau de destruction que celui infligé à Gaza ». Car pendant que s’éternisent des négociations entre Israël et le gouvernement libanais mises en place sous la houlette des grandes puissances occidentales, Israël continue ses bombardements et raids de destruction au Sud-Liban. Le week-end des 29-30 août, c’est au nord même du fleuve Litani, de cette zone du Sud-Liban que depuis longtemps Israël veut annexer, que l’armée israélienne pilonne la colline Ali Taher qui domine le fleuve et dont la conquête lui permettrait de contrôler toute la région.

Maisons et écoles sont rasées par les bombes, les tirs de canons des chars ou les dynamitages. Toutes les installations sont détruites, les villages vidés sont rendus inhabitables, pour que les centaines de milliers de Libanais qui ont dû fuir à l’avancée des troupes israéliennes ne puissent plus y revenir. Créer un no man’s land, sous prétexte de « zone de sécurité », pour en faire demain territoire annexé, c’est bien la même politique que celle qu’Israël a menée à Gaza.

Olivier Belin