Dans la ville de Leobersdorf, à une quarantaine de kilomètres au sud de Vienne, les travaux d’une zone commerciale, comprenant un entrepôt frigorifique et un supermarché Lidl, ont débuté en soulevant un vent de protestations. En effet, les bâtiments en question doivent être érigés sur les ruines de l’ancien camp de travail forcé de Hirtenberg, rattaché au camp de concentration de Mauthausen. Des milliers de prisonniers de guerre et de travailleurs forcés y furent regroupés puis, par la suite, 400 femmes, principalement originaires d’Union soviétique, travaillèrent à fabriquer des obus dans une usine proche du camp. Le Comité international de Mauthausen, qui lutte pour préserver la mémoire des lieux, dit ressentir « du chagrin, de la colère et de la rage qu’une chose pareille puisse se produire en Autriche en 2026 » et demande l’arrêt des travaux. Mais le maire de la ville s’y refuse, car c’est lui qui a vendu à Lidl pour 15 millions d’euros le terrain qui lui appartenait. L’argent n’a ni odeur… ni mémoire.