Mediapart a révélé des messages antisémites de Jordan Bardella datant de 2013, alors qu’il était jeune militant du Front national de Jean-Marie Le Pen, dont la haine des Juifs était bien connue et l’avait fait condamner à de nombreuses reprises par les tribunaux. Aujourd’hui, le président du Rassemblement national crie « au complot », « aux témoignages tronqués », aux « fake news » et à « la manœuvre politique ». Il faut dire qu’en une décennie l’extrême droite a troqué son antisémitisme viscéral – qui faisait mauvais genre pour toute une partie des électeurs de droite – pour un racisme islamophobe et anti-migrants nettement plus payant électoralement. C’est ce qu’on a appelé l’opération « dédiabolisation » entreprise par Marine Le Pen pour tenter d’apparaître comme un parti de gouvernement. Aujourd’hui donc, Bardella soutient ouvertement Israël et Netanyahou, en lutte comme lui contre les Arabes, et dénonce les attardés de son parti encore nostalgiques du bon vieil antisémitisme d’antan. Une posture qui ne fait pas de lui un antiraciste et qui ne l’empêchera pas, en cas de nécessité, de revenir vers ses vieux démons.