Bardella a déposé deux plaintes en justice contre Mediapart, coupable d’avoir révélé qu’il avait écrit de nombreux textes antisémites en 2013. La première de ces plaintes pour diffamation, la seconde pour faux et usage de faux. S’il avait été si pressé « de laver son honneur », comme il le dit et le répète, le président du Rassemblement national aurait pu opter pour une procédure courte, comme une citation directe ou une assignation civile à jour fixe, qui lui aurait permis de voir son affaire jugée rapidement. Au lieu de cela, il a choisi de déposer « plainte avec constitution devant le doyen des juges d’instruction du tribunal judiciaire de Paris », une procédure qui prendra au moins un an et demi. C’est-à-dire que l’affaire sera jugée bien après la tenue de l’élection présidentielle, ce qui était le but de la manœuvre. En attendant, Bardella, qui ne pouvait pas rester les bras croisés face aux accablantes accusations portées contre lui, pourra continuer à dénoncer des « barbouzeries », en assurant qu’une procédure judiciaire est en cours. Mais en fait, au-delà de son indignation de façade et de celle de ses amis politiques, le président du Rassemblement national n’est pas trop pressé d’avoir à s’expliquer devant un tribunal sur son passé sulfureux, ce qui aurait pu nuire à la candidature de Marine Le Pen.