Il y a plus d’un an, en mars 2025, le tribunal administratif de Rennes avait ordonné, sous dix mois, au préfet de Bretagne de renforcer son action contre la prolifération des algues vertes et les pollutions au nitrate qui en résultaient. Il a fallu attendre le 28 août de cette année pour que la préfecture de région annonce qu’elle allait agir. On a un peu de mal à y croire. Car cela fait plus qu’un demi-siècle que le problème perdure. Depuis 1971, des tonnes d’algues vertes s’échouent chaque année sur les plages bretonnes. En pourrissant, elles dégagent du sulfure d’hydrogène, un gaz mortel en cas d’exposition à de fortes concentrations. À l’origine du phénomène, l’agriculture intensive, notamment les élevages géants de porcs et de volailles qui prolifèrent dans les départements bretons. Ce sont les déjections animales qui infectent le sol, les cours d’eau et se retrouvent dans la mer où elles favorisent la prolifération des algues mortelles. Les conséquences sont multiples : des parcs d’ostréiculture envahis, des plages fermées au public, jusqu’à des décès suspects. En juin 2025, la justice a reconnu le lien entre les algues vertes et le décès d’un joggeur dans les Côtes-d’Armor. Et que fait l’État face à cela ? Dans sa dernière loi agricole il a encore allégé les (maigres) contraintes qui pesaient sur les élevages intensifs et a même facilité leur montée en puissance. Ce n’est pas demain que les algues vertes vont disparaître !