Le 21 juin dernier, lors de la Fête de la musique, un membre de la police nationale de 49 ans agressait violemment un SDF d’origine maghrébine, Youssef E., 28 ans, lui reprochant des « nuisances sonores réitérées ». La scène, filmée par un témoin et diffusée en septembre, montrait la tête du jeune homme heurter violemment le bitume. Le malheureux devait être retrouvé mort dans son campement de fortune douze jours plus tard. L’autopsie concluait à « un arrêt cardiaque » dont la cause reste indéterminée. Le parquet est venu au secours du flic cogneur en affirmant qu’« aucun lien de causalité » entre le décès du malheureux et son agression n’avait pu être prouvée. Le policier a donc comparu le 6 novembre en justice pour de simples « violences volontaires ». Il a finalement été condamné à six mois de prison avec sursis et d’un an d’interdiction d’exercer sur la voie publique. Si c’était l’inverse qui s’était produit, c’est-à-dire si un SDF avait tué accidentellement un policier, on se demande si le tribunal aurait fait preuve de la même mansuétude.
