Nouveau coup de gueule de Dominique Simonnot, la Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté. Elle avait saisi les ministres de la Santé et de la Justice pour savoir combien de personnes décédaient chaque année dans les hôpitaux psychiatriques, les prisons ou les centres de rétention administrative. Le ministère de la Santé a été incapable – ou bien a refusé – d’indiquer le nombre de patients avaient trouvé la mort au cours ou à l’issue de leur hospitalisation psychiatrique en soins sans consentement. Simonnot souligne que ce sont « des patients qui meurent en isolement, parfois attachés, parfois sans surveillance » et que nombre de décès ne donnent lieu à aucune autopsie. Quant au ministère de la Justice, il livre un chiffre brut : 275 décès en détention en 2025 dont 136 liés à un suicide. Et les autres ? Motus et bouche cousue. Un indice cependant révélateur si l’on considère que le taux de suicide annuel de 19,4 par 10 000 détenus en France est près de trois fois supérieur à la moyenne européenne qui est de 7,3. Ces lieux ne privent pas seulement les détenus de liberté mais bien souvent de leur vie.