C’est vers l’usine Syngenta, de Saint-Pierre-de-la-Garenne (27), qui fabrique des pesticides (néonicotinoïdes), connus pour leur dangerosité, que convergera une manifestation à caractère international. Celle-ci est appelée, entre autres, par la Confédération paysanne, les Soulèvements de la Terre, de nombreux collectifs de défense des victimes de pesticides (Cancer colère par exemple), mais aussi par l’Union syndicale Solidaires et Sud Chimie. Syngenta est une des nombreuses multinationales de l’agrobusiness, bâtie à l’origine sur de solides et toujours discrets capitaux suisses, longtemps dirigée par un PDG américain qui déclarait allègrement que « l’agriculture biologique était la source de la famine en Afrique » et récemment rachetée par un des plus gros groupes étatiques chinois, Sinochem. Pour les actionnaires de Syngenta, peu importe la couleur du drapeau, ce qui compte c’est la couleur des profits même au détriment de la nature ou de la santé humaine.

Partout dans le monde, Syngenta est connue pour polluer les nappes phréatiques et produire dans les pays pauvres les phytosanitaires qui finissent parfois par être interdits dans l’Union européenne, quitte à les réimporter ensuite illégalement et s’asseoir sur la moindre législation protectrice de l’environnement… mais aussi sur le Code du travail ! Sur les 150 employés du site de l’Eure, plus de la moitié sont en procès avec leur patron qui refuse de leur verser la prime de douche liée à la dangerosité de leur travail. L’agriculteur qui avait accepté dans un premier temps de prêter son terrain pour qu’un marché et une fête paysanne puissent se tenir après la manifestation a dû renoncer face aux pressions des élus locaux, très liés à Lecornu, ancien président du conseil départemental de l’Eure. D’autres terrains ont été trouvés, tant mieux… car la mobilisation s’annonce très suivie. Il est temps d’exproprier ce type d’usines et de reconvertir leur production en produits sanitaires utiles à la population. Rendez-vous samedi 3 octobre à 12 heures à Gaillon, au niveau du rond-point d’Auchan à la croisée de la D316 et de la D6015.

Marie Darouen