Les avocats d’au moins 18 personnes blessées lors des mobilisations sociales depuis la mi-septembre ont annoncé leur intention de saisir la Cour de justice de la République contre le ministre de l’Intérieur pour l’utilisation d’armes qu’il sait dangereuses. Leur porte-parole, Maître Arié Alimi, a déclaré lors d’une conférence de presse à Paris : «… Nous pensons aujourd’hui qu’il est impératif de viser celui qui est à l’origine des mutilations et des dégâts massifs, à savoir le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez […] pour les ordres qu’il a donnés de l’usage de ces armes qu’il sait mutilantes, qu’il sait être des armes de guerre, qu’il sait ne pas devoir être utilisées dans le maintien de l’ordre. » De son côté, le ministre a déclaré être « très serein et droit dans ses bottes » et prêt à répondre à toute plainte qui sera déposée contre lui. Il faut dire qu’il ne risque pas grand-chose, la Cour de justice de la République, seule juridiction à même de juger des membres du gouvernement pour des actes commis dans l’exercice de leurs fonctions, ne se montrant en général pas trop sévère à l’égard de celles et ceux qui comparaissent devant elle.