
Entre solennité et envolées lyriques, Macron a prononcé le 22 septembre son dernier discours de chef d’État à l’Assemblée générale des Nations unies. Netanyahou a suivi, le 24 septembre, droit dans ses bottes de gendarme à la solde des grandes puissances occidentales.
Macron : la nostalgie d’un impérialiste en perte de vitesse
Alors que l’impérialisme français est évidemment déclassé dans la concurrence internationale, son représentant s’est livré à un plaidoyer contre un « nouvel âge de la barbarie » qui remet en cause un prétendu « ordre international » garanti par les Nations unies. Mais, depuis la création de l’ONU, quelle période n’a-t-elle pas été marquée par les guerres, les coups d’État, les crimes de masse ?
Macron a beau jeu de dénoncer les « abus de pouvoir des empires et de quelques-uns », « le retour de l’impérialisme, de l’arrogance, le retour à la force sans règle ni retenue », un « retour de la loi de la jungle »… Et de leur opposer une « société internationale civilisée ». Comme si les guerres menées avec l’accord du Conseil de sécurité de l’ONU, ou les embargos et sanctions imposés par le « droit international », ne constituaient pas des crimes tout aussi odieux que ceux qui sont menés hors du cadre des Nations unies. Jamais l’ONU n’a empêché que s’exerce la loi du plus fort, notamment celle des États-Unis… ou de la France, pour le maintien de sa domination sur les prés carrés de son ancien empire colonial. Le seul impérialisme que Macron dénonce, c’est celui de la Russie, pour justifier de concentrer davantage de forces militaires en Ukraine.
Et il s’est fendu de quelques phrases pour critiquer la situation à Gaza, « un spectacle qui nous fait honte à tous », pour tout de suite mettre en garde contre un « double standard »… Celui qui permet à Israël de continuer à mener sa politique sans s’exposer aux mêmes sanctions que la Russie ?
Netanyahou : le cynisme du gendarme de l’impérialisme au Moyen-Orient
Deux jours plus tard, c’était au tour de Netanyahou de s’exprimer, sur un ton beaucoup plus provocateur, devant une Assemblée générale à moitié vide, avec 77 délégations absentes ou qui ont quitté les lieux au début de son intervention – et auxquelles il a même demandé de se dépêcher de le faire !
Sans rougir, il a osé réaffirmer que l’armée israélienne est « la plus morale au monde », qu’il n’existe pas de génocide à Gaza, mais seulement une « guerre de défense »… Et qu’en Cisjordanie, ce sont les colons qui subissent des attaques « presque tous les jours ». Quant à la guerre contre l’Iran, il a affirmé sans rire : « Si je n’avais pas attaqué […], nous serions tous morts. »
Dans un discours qui, à cinq semaines des élections israéliennes, s’adressait bien plus à son opinion publique qu’aux autres chefs d’État et de gouvernement, il n’a pas hésité à attaquer de toutes parts les gouvernements ou personnalités qui osent le critiquer, du président turc Erdoğan au maire de New York Mamdani, en passant par le Qatar, le Royaume-Uni et la France.
Preuve s’il en fallait, du peu d’effet des mots de Macron et de ses amis.
Jean-Baptiste Pelé