Le ministre de l’Éducation a annoncé l’envoi en urgence de 3 000 profs remplaçants dans les 500 lycées les plus touchés par le mouvement. Au passage, relevons cet aveu implicite : oui, il manque bien des enseignants. Et comme il y a sept fois plus de lycées dans tout le pays, on peut calculer qu’un renfort de 20 000 enseignants supplémentaires pour les seuls lycées ne serait pas du luxe…
Pourquoi Geffray a-t-il attendu que les lycées s’enflamment pour décider ces affectations ? D’abord parce qu’à force de supprimer des postes d’agents administratifs, les services qui les traitent fonctionnent mal. Mais aussi parce que le vivier de profs remplaçants se trouve bien réduit. En région parisienne, des centaines de contractuels ont été virés ces dernières années. Espérons que ce sera l’occasion pour ces collègues de faire monter les enchères : plus question de se contenter de 1 650 euros net par mois pour un temps plein.
En attendant, Geffray racle les fonds de tiroir. Et déjà le chiffre de 3 000 profs affectés sous 15 jours apparaît pour ce qu’il est : du bluff. Car, pour l’atteindre, le rectorat de Créteil n’hésite par exemple pas à affecter sur des cours de français de première, donc avec les épreuves de bac à préparer, des profs de… mathématiques.
Mathieu Parant
