Depuis le 1er octobre, en Belgique francophone, les lycéens sont aussi en mouvement. Ils dénoncent leurs conditions d’étude : trop d’élèves par classe, des bâtiments vétustes… comme en France !

Une situation qui devrait encore se dégrader. En effet, le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a prévu un plan d’économies de 500 millions d’euros d’ici à 2029. Conséquences : l’augmentation des frais d’inscription à l’université, passés à 1 200 euros pour plus de la moitié des futurs étudiants, soit un bond de près de 400 euros, la suppression de l’abonnement à 12 euros par an dans les transports en commun pour les moins de 26 ans, qui devront désormais en débourser 180. Et, pour les professeurs, l’ajout de deux heures de cours supplémentaires par semaine, sans augmentation de salaire.

Comme en France, le mouvement se heurte à la répression. À Liège, devenu l’épicentre du mouvement, la police a arrêté des dizaines de jeunes et le maire vient de prendre un arrêté d’interdiction des rassemblements.

Des mesures qui n’empêchent pas la contestation de se généraliser : vendredi 9 octobre, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté à Bruxelles contre la politique d’austérité du gouvernement belge. Sous prétexte d’économies budgétaires, il attaque les retraités en repoussant l’âge légal de départ de 66 ans actuellement à 67 ans à partir de 2030, les chômeurs avec la limitation à deux ans des allocations de chômage, ce qui a déjà fait basculer la moitié des chômeurs vers l’aide sociale voire l’absence totale de revenu, et lèse l’ensemble des classes populaires avec la hausse prévue de la TVA. Comme en France, la coalition des colères semble donc bien à l’ordre du jour !

Lydie Grimal