Alors que le pays observait un deuil de trois jours, après le terrible accident de train survenu près de Los Yébennes (province de Tolède) sur la ligne Madrid-Séville et qui a fait au moins 70 morts et des centaines de blessés, les conducteurs de train ont observé une grève de 24 heures pour dénoncer notamment la dégradation des infrastructures ferroviaires, l’aggravation de leurs conditions de travail et le manque de moyens. Ils exigent des garanties de sécurité renforcées, un meilleur entretien du réseau ferré très détérioré et des explications sur la gestion des incidents par le centre de contrôle. Leur grève était programmée depuis longtemps, mais le drame qui vient de se produire illustre l’actualité de leurs revendications. Le gouvernement et la Renfe, la société nationale des chemins de fer, se vantent que l’Espagne a le second plus important réseau de TGV du monde, derrière la Chine. Mais la course au profit, à la rentabilité et la mise en concurrence des opérateurs, fait que ce réseau n’est plus entretenu correctement et met en danger la vie des cheminots et des voyageurs.