Maricarmen Abascal, cette retraitée de 87 ans dont l’expulsion de son domicile avait déclenché des manifestations dans tout le pays, est décédée dans un hôpital de Madrid. Elle avait été contrainte de quitter, sur une civière et escortée par la police, l’appartement qu’elle occupait depuis 70 ans après le triplement de son loyer par le nouveau propriétaire, un fonds spéculatif. Ce sont ces images retransmises par la télévision qui avaient mis le feu aux poudres. Le syndicat des locataires de la capitale a salué, dans un communiqué, son combat le qualifiant de « tournant dans l’histoire de ce pays ». À l’annonce de son décès, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées devant le Parlement. Face à l’intensification des mobilisations, le gouvernement de Pedro Sánchez avait promulgué la semaine dernière deux décrets comprenant des mesures visant à tenter de contenir la crise du logement, des textes rejetés par les députés. Ce qui a conduit Sánchez à annoncer des élections législatives anticipées pour le 29 novembre prochain. De leur côté, les principaux syndicats espagnols ont appelé à une grève générale pour le 11 novembre pour réclamer « de meilleurs salaires » mais aussi « un logement digne pour tous et toutes ».