Sur les plateaux de télé, dans les colonnes de journaux dits sérieux, comme en dessin à la une du Monde du mercredi 9 septembre 2026 (qui laisse entendre qu’il eût fallu reconstruire un mur entre les deux Allemagnes), ça y va, les insinuations selon lesquelles la peste brune d’extrême droite nous viendrait de l’est (l’ex-RDA). Sous entendu : à l’ouest rien de nouveau… sauf Donald Trump… sauf Nigel Farage… sauf Marine Le Pen… sauf un Macron, « Monsieur tout blanc »,… qui réhabilite Pétain !

En Allemagne même, puisque c’est d’elle qu’on cause aujourd’hui, si l’extrême droite fait depuis 2024 des scores de 30 % à 32 % dans des États-régions de l’Est, elle en fait des pas mauvais non plus à l’Ouest : 19 % dans le Land de Bade-Wurtemberg, 19,5 % en Rhénanie-Palatinat, au printemps dernier. Hitler n’est plus. Thyssen, Krupp, AEG, etc. qui l’avaient financé et dont les profits avaient grandi des commandes de guerre ont allégrement survécu jusqu’à aujourd’hui au cataclysme. À la différence de la grande masse des travailleurs et des Juifs. Et ils sont appelés à récidiver, aux côtés de Volkswagen, ou ici Dassault, Safran, Airbus, Renault ou PSA… question de booster l’emploi, nous dit-on, par la production militaire de nos chers défenseurs de la démocratie.

Et merci aux bourgeois bien pensants qui seraient inquiets mais sincères, de s’interroger sur leurs politiques traditionnelles de droite comme de gauche, bien pourries contre les salaires, contre les retraites, contre les services publics, contre les hommes et la nature, qui poussent tant d’électeurs de milieu populaire (même si c’est loin d’être tous et toutes) à leur préférer les logorrhées racistes de l’extrême droite. Et c’est dans des milieux cathos huppés et patronaux qu’on penche vite, ces dernières années, vers des faveurs à l’extrême droite !