Pedro Sánchez, le Premier ministre espagnol, a convoqué des élections anticipées pour le 29 novembre. Le pays connaît une forte mobilisation sociale déclenchée par l’expulsion de Maricarmen du logement qu’elle occupait depuis 70 ans. Les images d’une dame de 87 ans chassée de chez elle sur une civière avaient provoqué une vague d’indignation : face à la mobilisation, le promoteur a décidé de la réintégrer dans son logement. Mais celle-ci n’aura pas eu le temps de retourner chez elle : elle est morte le 7 octobre, à l’hôpital où elle avait été admise après son expulsion. Son décès a ravivé la colère contre cette société impitoyable du fric.

La mobilisation a remis les pendules à l’heure, faisant passer au second plan la campagne de l’extrême droite et de la droite contre les migrants, déclenchée par l’afflux massif dans l’enclave espagnole de Ceuta, sur la côte marocaine, de 70 000 migrants, attirés par une hélas fausse information sur l’ouverture des frontières… Le gouvernement espagnol était apparu sur la défensive, s’excusant de cette « invasion » et demandant l’aide de l’Europe pour la combattre…

Pedro Sánchez pense avoir trouvé l’occasion de se remettre en selle. En effet, devant la mobilisation sociale, il avait proposé une série de décrets sur le logement qui, tous, ont été rejetés à quelques voix près au parlement de Madrid par la droite et l’extrême droite, rejointes en la circonstance, par les députés du parti indépendantiste Junts, représentant la bourgeoisie catalane.

Pour Pedro Sánchez, la mobilisation sociale est une fuite en avant, il espère ainsi tenter de sauver les meubles, aidé en cela par les partis de la gauche institutionnelle et les organisations syndicales qui, toutes, vont tenter de canaliser la colère sociale vers la voie électorale.

Pour les travailleurs, c’est évidemment une impasse. Le mouvement actuel pointe déjà les responsabilités actuelles du gouvernement le plus « progressiste » d’Europe. Lutter pour qu’il ne soit pas détourné et conserve son autonomie par rapport à tous ceux qui n’ont que les élections en tête est un objectif que les révolutionnaires doivent se donner.

Gaël Quirante

 

 

Voici un court extrait d’un article de nos camarades d’Izar.

Le mouvement pour le logement peut et doit rester indépendant de la gauche institutionnelle

Que la gauche institutionnelle cherche à s’approprier le mouvement pour le logement et à l’utiliser à des fins électorales n’a rien d’exceptionnel. Tout comme il n’est pas surprenant que les directions bureaucratiques des CCOO et de l’UGT aient appelé à une grève générale pour semer l’agitation pendant la campagne électorale et renforcer le vote en faveur du gouvernement actuel. […]
Mais comprendre tout cela ne signifie pas qu’il ne faille pas se consacrer pleinement à la préparation de cette grève générale, bien au contraire. Il faut profiter de cet appel à la grève pour aller à la rencontre des travailleurs sur leurs lieux de travail et renforcer une mobilisation collective encore plus large qu’aujourd’hui. Il faut renforcer l’auto-organisation du mouvement afin qu’il ne dépende ni de la gauche institutionnelle ni des directions syndicales et qu’il puisse les dépasser. […]

Au cours des prochains mois, on nous dira que le problème du logement est lié à la droite et à son refus des décrets. Évidemment, tout le monde sait bien que la droite et l’extrême droite ne veulent réglementer aucun aspect lié au secteur immobilier. Mais il n’est pas vrai que ce soit là le seul problème. N’y avait-il pas une majorité de partis progressistes au Congrès en 2023 lorsque le gouvernement PSOE-UP a adopté une loi sur le logement qui n’a rien résolu ? […]

La gauche communiste révolutionnaire doit (peut) se coordonner dans ce contexte politique

À Izar, nous pensons que cette séquence politique est d’une importance capitale pour le renforcement des idées révolutionnaires et d’une génération militante qui va se forger au cours de ces mobilisations, dans une perspective d’indépendance politique vis-à-vis de la gauche institutionnelle. […]

L’article complet, en castillan, peut être lu ici : https://izarrevolucion.com/2026/10/06/actualidad/estado-espanol/no-hay-tiempo-que-perder-2/