Rassemblement devant l’hôtel de ville de Metz avant le conseil municipal du jeudi 24 septembre

Après les annonces du ministère de la Santé, appelant les hôpitaux à se tenir « prêts » à assumer les conséquences d’un affrontement militaire prochain d’ici mars 2026, le gouvernement a fait circuler parmi les services d’urgence de tout le pays des guides pour prendre en charge de futurs blessés de guerre, aux dépens des civils. Armer les esprits pour la guerre, ça se fait à peu de frais, mais ça permet de sabrer les budgets !

Du blé pour l’armée, des miettes pour la santé

Alors même qu’une partie conséquente de son budget dépend de celui de la défense, qui n’est pas en mal, l’hôpital d’instruction des armées Legouest s’apprête à voir son service d’urgence fermé à la population civile par le ministère des Armées. Ces urgences, installées en plein centre de la ville, sont les dernières de Metz. Une situation à se demander où sont passés les quelque 436 milliards de la loi de programmation du budget militaire, qui n’en finit pas de s’agrémenter de généreuses rallonges pendant qu’on ferme les vannes partout ailleurs ! Sans doute ce pognon de dingue est-il bien employé dans les carnets de commande des grandes entreprises de l’armement, enchaînant des records de profits, mais aussi dans la réaffectation de l’espace des urgences de Legouest, qui ne serait alors consacré qu’à un usage militaire.

« Y’a urgence pour les urgences ! »

Réunis en bas de l’hôtel de ville avant un conseil municipal ce jeudi 24 septembre, les soignantes, soignants et le personnel hospitalier dénoncent cette fermeture, que ni la direction de l’hôpital ni le maire ne souhaitent nommer telle quelle. Quand certains craignent un nom, les professionnels de la santé sont eux alertés par les conséquences de cette fermeture : 10 000 patients supplémentaires par an pour le service d’urgence le plus proche, celui de Mercy. Un service, loin d’être une exception, déjà saturé et en sous-effectif, où la moyenne de temps d’attente après l’arrivée aux urgences approche 17 heures cette rentrée.

Cet été infernal nous a d’ailleurs donné un avant-goût des suites à attendre de cette fermeture : alors que les urgences de Briey à proximité ont dû fermer quelques jours, un urgentiste de Mercy rapporte à nos camarades devant la mairie des « choix qui ont dû être faits » quant à l’accueil des patients, mais aussi des altercations entre patients et soignants de plus en plus fréquentes au gré des délais de prise en charge qui s’étendent, d’une tension croissante dans les équipes due à la fatigue… alors à quoi s’attendre en cas de fermeture à Legouest ? « Au pire », d’autant que les militants syndicaux présents ne s’y trompent pas ; la fermeture du service d’urgence n’est que la première étape avant la fermeture complète de l’hôpital, voire de sa réquisition totale par l’armée.

Dans la rue le 29 septembre, et on recommence le 3 octobre !

On se remémore et se partage sur la place d’Armes des expériences qui laissent présager un avenir sinistre pour l’hôpital public ; des patients installés au sol durant les vagues de chaleur de l’été ou celles et ceux ayant dû patienter jusqu’à quatre heures dans les ambulances des pompiers sur le parking des urgences de Perpignan il y a quelques semaines. Mais on prépare aussi l’expression de la colère des soignantes et soignants de toute la métropole. Une fois le rassemblement levé, une date reste sur toutes les lèvres : le 3 octobre, où une manifestation partira de la place de la République à 14 heures pour exiger la sauvegarde du service des urgences de Legouest et des moyens à la hauteur des besoins.

C’est bien un mouvement d’ensemble qui permettra de faire plier le gouvernement et d’envoyer valser ses priorités bellicistes, qui visent d’abord à casser nos conditions de travail, brader nos salaires, et mettre à sac les services utiles à la population ! Nos armes, celles de la grève, seront à sortir dès le 29 septembre, date nationale de mobilisation et de grève dans la fonction publique et la jeunesse.

Benjamin Palka