Pendant le génocide des Tutsis au Rwanda d’avril à juin 1994, qui fit plus de 800 000 victimes, des milliers de Tutsis se réfugièrent dans les collines de Bisesero. Plus de 60 000 d’entre eux furent massacrés par les forces armées rwandaises. La France de Mitterrand avait soutenu activement le gouvernement rwandais et l’avait financé et armé, alors même que le génocide était en préparation. Lorsque le régime génocidaire au pouvoir s’effondra, la France dépêcha l’armée sur place dans le cadre de l’opération Turquoise. Officiellement, il s’agissait de s’interposer pour éviter les bains de sang, en réalité les troupes françaises protégèrent les génocidaires en fuite en les laissant massacrer les Tutsis à leur guise, en se gardant d’intervenir. C’est dans ce cadre que furent tués les derniers résistants survivants de Bisesero, environ 2 000, sous les regards de l’armée française.

Depuis, les rescapés et les familles des victimes tentent d’obtenir réparation devant la justice, en vain. Le marathon des tribunaux vient de se terminer avec la décision de la Cour de cassation qui a classé définitivement le 9 septembre, pour la justice française, le dossier des massacres de Bisesero. Il n’y aura donc pas d’enquête sur les agissements de l’armée française au Rwanda : circulez, il n’y a rien à voir ! Les méfaits et crimes de l’impérialisme français en Afrique resteront bien couverts…

Michel Grandry