Débat de la primaire de la gauche, à Rosny-sous-Bois, le 3 octobre 2026. Crédits : Benoit Soubeyran / Wikimedia commons (cc by-sa 4.0)

Il a fallu que la presse fasse un peu de publicité à la primaire socialiste complètement – et fort heureusement – passée à la trappe : les lycéens avaient envahi les rues et donné un bénéfique coup de pied dans le marigot politicien.

Toujours est-il qu’avec 66 % des voix des 102 000 électeurs qui avaient payé leurs 15 euros de droits de participation, c’est le non-socialiste Glucksmann qui est sorti vainqueur. La tête gonflée de ce succès, il a lancé : « On voit que l’élection de 2027 va décider du destin de l’ensemble du continent européen. » Le destin de l’Europe grâce à lui. Rien que ça.

À défaut de fumée blanche pour annoncer urbi et orbi la révélation de l’année, c’est de la farine qui a cueilli le chevalier blanc du PS en sortant du restaurant où il fêtait l’événement. Dans la ligne des « débats » qui ont agité cette fameuse primaire où le spectre qui hantait le plateau s’appelait Mélenchon, il a tout de suite désigné l’ennemi : la France insoumise et sa violence inouïe qui aurait sûrement inspiré le lanceur. Pour Glucksmann, pas question d’alliance avec LFI, même aux législatives qui suivront la présidentielle : n’est-il pas le « candidat de la rupture avec l’hégémonie de Jean-Luc Mélenchon sur la gauche française » ? Autrement dit un candidat les yeux plutôt tournés vers la « droite républicaine ». Quant à Hollande, il s’est dit satisfait, car ce choix « tranche la ligne de la campagne dans le sens des réformistes », mais garde toujours en suspens l’annonce possible de sa propre candidature.

O. B.