Le préfet Alexandre Brugère avait déjà fait parler de lui mi-septembre, lorsque plusieurs centaines d’associations et élus locaux avaient signé une lettre ouverte l’accusant d’être responsable d’une « fabrique à sans-papiers » dans le département. Une plainte avait même été déposée un peu plus tôt par l’Association des avocats pour la défense des droits des étrangers, laquelle s’insurgeait contre « des dysfonctionnements graves et systémiques dans le traitement des demandes de renouvellement des titres de séjour des ressortissants étrangers » dans ce département. Le fonctionnaire récidive. Cette fois, accompagné du procureur de la République et d’un haut cadre de l’Éducation nationale, il a convoqué des parents de trois lycéens accusés de violences au cours des derniers jours pour leur faire une leçon de morale… sous l’œil des caméras. Son « recadrage » a ensuite fait le tour des réseaux sociaux. Depuis, élus de gauche et écologistes ont dénoncé une « mise en scène pitoyable » alors que des avocats s’interrogeaient sur la légalité d’une telle démarche qui viole l’article 11 du Code de procédure pénale sur le secret de l’enquête et de l’instruction. Mais de tout cela, Brugère s’en moque. Il a le plein soutien du ministre de la Justice, Gérald Darmanin, dont il fut longtemps un collaborateur, et qui n’est pas très regardant sur le traitement infligé par la justice aux jeunes en lutte, à leurs familles ou aux migrants.