Dans son livre, Unir, qui vient de paraître, François Hollande propose de relever progressivement le taux ordinaire de la TVA de quatre points (de 20 à 24 %) et d’y associer « un prélèvement sur le capital » pour « compenser les pertes pour la Sécurité sociale ». L’ancien président de la République estime cependant que « pour tenir compte du caractère anti-redistributif de la TVA » il faudrait ramener son taux sur l’énergie et les produits alimentaires à 0 % au lieu de 5,5 % actuellement, une mesure qui, selon lui, « bénéficierait aux ménages les plus modestes pour qui la part de ces consommations dans leur budget est la plus importante ». Mais cet habillage « de gauche » ne peut faire oublier que la « TVA sociale » est une mesure réactionnaire défendue depuis des décennies par la droite et le patronat. Comme tous les impôts indirects, la TVA est profondément injuste, car elle s’applique indistinctement au milliardaire et au smicard. Augmenter son taux pour combler le déficit de la Sécurité sociale reviendrait à pressurer l’ensemble de la population, mais en priorité les classes populaires. Pas étonnant alors que cette mesure ait été instaurée dans le passé par des leaders de la droite comme François Fillon et Nicolas Sarkozy. Cette proposition « est économiquement et socialement de loin la meilleure », a d’ailleurs défendu sur France Inter fin août le président du Medef, Patrick Martin, qui estimait que chaque point d’augmentation du taux de la TVA rapporterait 10 milliards dans les caisses de l’État. En ponctionnant d’autant le budget des ménages.