L’association des Petits Frères des pauvres vient de publier un rapport qui fait le lien entre précarité, mobilité et isolement des personnes âgées. Un million de « seniors », âgés de 60 ans et plus, subissent une véritable « assignation à résidence », c’est-à-dire qu’ils ne sortent quasiment plus, marchent peu et n’utilisent plus les transports. 16 % des personnes vivant avec moins de 750 euros par mois sont touchées par cet isolement, contre 5 % en moyenne générale. Les plus pauvres ont une probabilité environ trois fois plus élevée que la moyenne d’entrer dans cette catégorie. En outre, 2,5 millions de seniors ont renoncé à voir des proches par manque de solutions de déplacement et 1,5 million ont renoncé à des soins médicaux pour la même raison. Ce rapport prolonge le troisième baromètre de l’isolement (publié fin 2025) qui alertait déjà sur les 750 000 personnes âgées en situation de « mort sociale » totale dans le pays. Le rapport suggère des solutions techniques pour tenter de pallier cette situation : adapter les logements pour prévenir la perte d’autonomie et repérer les besoins au plus tôt, aménager l’espace public (plan piéton, sécurisation des trajets et maintien des commerces de proximité), faciliter les transports en développant des alternatives à la voiture (mobilité solidaire, développement des transports en commun), préserver l’autonomie via l’activité physique et l’accès à une santé de proximité. Cependant toutes ces mesures ont un coût que les pouvoirs publics ne sont pas prêts à assumer. Mais surtout cela devrait amener à repenser la place dans notre société des seniors qui sont trop souvent oubliés et laissés pour compte dès l’instant où ils ne sont plus « productifs ».