Un des films les plus acclamés lors de la dernière Mostra, de Venise, le festival international du film, est un documentaire de 80 minutes, intitulé Naza, un acronyme utilisé au sein de l’armée israélienne pour désigner le nombre estimé de civils qui sont tués lors d’une frappe. Le film réalisé par un couple d’Israéliens, Yuval Abraham et Rachel Szor, repose sur les témoignages anonymes de 24 membres de l’armée et des services de renseignement israéliens qui exposent la façon dont les forces israéliennes tuent de nombreux civils dans le cadre de la guerre qu’elles mènent contre le Hamas à Gaza. Les deux journalistes d’investigation n’en sont pas à leur coup d’essai et avaient déjà travaillé ensemble sur un documentaire oscarisé en 2024, No Other Land (Pas d’autre pays), sur la violence des autorités et des colons en Cisjordanie occupée. Le gouvernement israélien s’est aussitôt déchaîné contre eux. Le ministre de la Culture, Miki Zohar, a demandé qu’on leur retire leur nationalité. Celui de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, veut les bannir du pays. Et tous parlent de « trahison envers l’État ». Face à ces attaques Yuval Abraham est resté droit dans ses bottes en soulignant qu’il était « vraiment et particulièrement important » que les Israéliens regardent ce film car « c’est notre pays qui commet ces crimes ».