Après le dépouillement de la quasi-totalité des bulletins de vote, la coalition au pouvoir de Benyamin Netanyahou, qui réunit des partis de droite et d’extrême droite, est arrivée en tête des élections législatives avec 53 sièges sur 120. Cela traduit une certaine érosion par rapport au scrutin précédent mais son parti, le Likoud (Unité), reste la première formation parlementaire avec 26 sièges. L’opposition « libérale », emmenée par Gadi Einsenkot, ancien chef d’état-major de l’armée et un temps ministre du même Netanyahou, totalise 48 sièges, dont 21 pour son parti, le Yashar (Intègre). Aucun des deux blocs n’atteint donc la majorité de 61 sièges, nécessaire pour former un gouvernement. La tâche est d’autant plus compliquée que pas moins de 11 partis différents siègent dans le nouveau parlement et que les marchandages vont être serrés. Mais, au total, la droite, l’extrême droite sioniste et les ultra-religieux occupent 86 sièges, le reste se partageant entre les sionistes « de gauche », « Démocrates » (ex-travaillistes), qui ont 8 sièges et les listes arabes qui en ont 19. Sur ce nombre 8 reviennent au Ra’am, une formation qui se situe dans la mouvance islamique modérée, et 11 à la Liste Unie, composée de deux formations palestiniennes laïques et du Parti communiste israélien. Les formations arabes enregistrent une forte progression et ont presque doublé leurs voix d’une élection à l’autre, du fait d’une mobilisation très forte de la population palestinienne locale. Il suffirait à Einsenkot de s’allier aux formations arabes pour avoir la majorité, mais il s’y est refusé pour l’instant, certains de ses alliés parlant même de quitter sa coalition en cas d’une telle alliance. Car le racisme anti-arabe gangrène non seulement le camp Netanyahou mais aussi son opposition. De ce point de vue, ces élections ne changeront pas grand-chose à la situation des Palestiniens tant en Israël, qu’à Gaza, en Cisjordanie ou à Jérusalem Est.