
Cela fait longtemps que la logique du fric gâche le plaisir des jeux vidéo. On connaissait déjà les loot boxes (loterie payante où on peut gagner aléatoirement un skin, un item, etc.) et les « downloadable content » (DLC), extensions commercialisées après la sortie du jeu pour obliger les joueurs à payer encore et encore. Mais les grands groupes ont décidé de passer le level au-dessus :
- Sony a annoncé la fin des jeux physiques pour janvier 2028. Cela coûtera moins cher en boîte et en disque mais ce sera toujours le même prix pour le joueur… Et bien sûr, Sony aura le monopole de la vente, car tout sera sur son store. Le jeu ne sera plus vraiment à celui qui l’a acheté, seule la licence lui sera louée. C’est la fin de la revente et de l’occasion.
- Peu après cette annonce du passage au 100 % numérique, une vieille clause des conditions d’utilisation a refait surface sur les réseaux. Selon elle, Sony peut fermer un compte resté inactif pendant trois ans. Ne pas jouer fait risquer de tout perdre, profil et jeux !
- Xbox (Microsoft) vient de déposer un brevet pour intégrer de la publicité dans ses jeux. À la fin, au moment du boss, ou juste avant une cinématique, tiens, une petite page de publicité. « Salut, c’est Franck Lebœuf »…
L’industrie du jeu vidéo, comme la musique ou le cinéma, rapporte déjà énormément d’argent, mais il en faut toujours plus. Ajoutons à cela les licenciements à la pelle dans le secteur ainsi que le rachat et le démantèlement de beaucoup de studios ces dernières années.
Pour beaucoup de gamers, jouer est une manière de s’évader, d’échapper au quotidien. Mais pour en finir avec ce poison du profit qui contamine tout, même les moments de divertissement, il faudra bien se réveiller et lutter pour un monde plus juste… comme dans beaucoup de jeux vidéo.
Ryo Serizawa
