Christian Tein

 

 

Six militants kanak ont porté plainte devant la Cour de justice de la République, seule juridiction habilitée à juger des ministres pour des actes commis durant leur fonction. Sont visés : Gabriel Attal, Gérald Darmanin, Éric Dupond-Moretti et Sébastien Lecornu, en 2024 respectivement Premier ministre et ministres de l’Intérieur, de la Justice et des Armées, accusés d’« actes arbitraires attentatoires à la liberté individuelle », d’« abus d’autorité aggravé » et d’« association de malfaiteurs ».

Ces militants de la cellule de coordination des actions de terrain (CCAT) avaient activement pris part à la révolte de la jeunesse kanak, qui avait érigé de nombreux barrages dans l’archipel en mai 2024 pour protester contre l’imposition par le gouvernement d’une modification du corps électoral en Nouvelle-Calédonie, visant à rendre les Kanak toujours plus minoritaires sur leurs propres îles. La répression particulièrement violente de ce mouvement fut responsable de la mort de 14 personnes, dont 12 Kanak, et de centaines d’arrestations. Les leaders indépendantistes, à l’image du président du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS), Christian Tein, incarcéré à Mulhouse, furent capturés en envoyés en prison, isolés à 17 000 kilomètres de chez eux. Ils y sont restés un an, suivi de six mois d’interdiction de retour en Kanaky. Ce n’est finalement que début juin 2026 que les charges qui les visaient furent abandonnées et qu’ils ont pu bénéficier d’un non-lieu.

Par leur plainte et le procès qui peut s’ensuivre, les militants entendent faire la lumière sur l’arbitraire de cet acte barbare d’oppression coloniale.

Michel Grandry