Depuis maintenant plusieurs semaines, les lycéens et lycéennes ont initié un mouvement d’ampleur contre le gouvernement, contre ses choix budgétaires assumés (de l’argent pour la guerre, mais surtout pas pour tous les services utiles à la population comme l’éducation…) et contre l’avenir pourri qui leur est promis par le système capitaliste !

Pour que le mouvement dure, il doit continuer de s’organiser et de se structurer ! Chaque semaine, nous sommes très nombreux en manifestations : 300 000 le 29 septembre lors de la journée de grève de la fonction publique, 170 000 le 1er octobre, 256 000 le 6 octobre, plusieurs dizaines de milliers le 8 et encore davantage le 13 octobre. En clair, la colère ne se calme pas. Et pour cause, elle a de sérieuses racines.

Nous avons la possibilité réelle de faire plier le gouvernement !

Si Macron et ses ministres usent à ce point de la répression, ce n’est pas pour rien. Les lycéens éborgnés et mutilés, c’est parce que le gouvernement comprend que les lycéens pourraient entraîner les étudiants, les travailleurs et l’ensemble des classes populaires dans la rue et la mobilisation ! Certains ministres ont changé de ton, en tentant de négocier et de lâcher des miettes. À cette étape, ce sont des miettes, mais qui nous disent qu’ils pourraient bien lâcher davantage si l’on continue et que ça s’étend !

Les étudiants ont rejoint la danse, il y a plusieurs jours maintenant, mais les stratégies de lock-out et autres fermetures administratives entravent la massification du mouvement étudiant. Tout comme les fermetures de lycées. Mais cela peut se dépasser.

Il faudra aussi dépasser le simple mouvement de soutien aux lycéens. Ce que les étudiants peuvent offrir de meilleur aux lycéens en ce moment, c’est de saisir l’occasion d’imposer leurs propres revendications, par la grève étudiante.

C’est sûr que, pour gagner, il faudra renforcer encore la participation étudiante et chercher à étendre la mobilisation. Les cadres d’assemblées générales et de coordinations sont fondamentaux pour ne pas se laisser dicter le rythme et les objectifs de notre mobilisation par les directions des syndicats étudiants et lycéens qui vont négocier avec le gouvernement sans en rendre compte devant les étudiants et lycéens mobilisés. Pour y faire face et pouvoir faire en sorte que les jeunes qui deviennent militants du mouvement décident par eux-mêmes, il faut renforcer ces cadres d’assemblées générales et se coordonner y compris nationalement (comme ont commencé à le faire les lycéens le samedi 10 octobre et comme les étudiants se préparent à le faire le 18 octobre).

La perspective d’une grève générale est possible !

Même si les jeunes peuvent arracher gros au gouvernement, les travailleurs peuvent renverser la table en s’engouffrant dans la brèche, en posant la perspective d’une grève générale. Avant le mouvement des lycéens, on discutait déjà du retour des Gilets jaunes autour du 17 octobre : plus que jamais, il faut défendre le fait que les travailleurs rejoignent aussi le mouvement. Partout, dans tous les secteurs, dans toutes les entreprises, il y a un ras-le-bol et de la colère.

Un mouvement d’ensemble, une grève générale, « Octobre 2026, nouveau Mai 68 » (comme chantent les jeunes dans les manifestations), c’est bien ce qui fiche une peur bleue à la bourgeoisie et ses laquais du gouvernement. Les lycéens, les étudiants, regardent du côté des travailleurs. Ils attendent qu’ils ne soient pas simplement à leurs côtés, en soutien aux revendications de la jeunesse, mais eux aussi dans la lutte, pour une riposte d’ensemble, dans la grève ! Un mouvement de la jeunesse de plus en plus massif et déterminé, combiné à la force de blocage d’une grève qui se généralise, voilà le cauchemar de Macron et ses amis du patronat, voilà qui permettrait de mettre un sérieux coup d’arrêt à toutes les politiques antisociales et, au-delà, d’arracher la satisfaction de bien des revendications vitales !

Loie Flores