France, Paris, 2026-10-06 Photothèque Rouge / Martin Noda / Hans Lucas

À deux jours d’affilée, les lycéens, rejoints par une partie de la jeunesse étudiante, ont fait une démonstration de force. Mardi 6 octobre, c’était plus de 400 000 personnes qui ont manifesté dans le pays : lycéens, mais aussi à leurs côtés des salariés, profs, parents… Deux jours plus tard, elles et ils étaient encore plus de 70 000, selon le ministère de l’Intérieur, à manifester dans tout le pays.

La mobilisation continue et s’étend, malgré une répression féroce

La jeunesse poursuit sa mobilisation malgré la répression brutale des forces de l’ordre. Après les milliers d’interpellations et de gardes à vue, les lacrymos et les matraques, les tirs de grenades et de LBD qui ont causé des mutilations atroces (un adolescent a perdu une main à Lens, un autre un œil à Tours), la police utilise maintenant des voitures béliers contre les manifestants. À Dunkerque, une jeune de 14 ans a été percutée par un 4×4 de la police lancé à toute allure sur les lycéennes et lycéens. Des vidéos attestent que cette technique a été utilisée dans au moins sept autres villes. Du pur terrorisme d’État, contre une jeunesse qui se mobilise pour son avenir…

Et ils nous parlent de démocratie !

Inquiets de voir que cette répression brutale ne suffit pas à endiguer la révolte de la jeunesse, Lecornu s’est lancé dans une opération de com’ qui ne trompe personne. Mercredi, il a annoncé un « temps de démocratie interne » dans les établissements : on demande aux jeunes de revenir tranquillement en cours et de remplir des formulaires, comme si les jeunes pouvaient croire que des formulaires allaient permettre de régler leurs problèmes. On a déjà vu ce que donnaient les « cahiers de doléances » et le « grand débat » organisé par Macron après les Gilets jaunes…

Les jeunes ne sont pas dupes. Dès mercredi, les blocages et les grèves lycéennes ont repris. La mobilisation des jeunes a fait plus pour faire avancer les revendications que n’importe quel simulacre de démocratie. En réalité, c’est bien dans les assemblées générales et les coordinations que la démocratie réelle se dessine.

3000 profs qui sortent des caves du ministère

Conscient que cette manœuvre ne suffisait pas, Geffray a annoncé le lendemain que 3000 profs remplaçants seraient déployés d’ici le 13 octobre pour occuper les postes non remplacés… 3000 profs dont on se demande bien où ils étaient (un prof de maths a été appelé pour remplacer en lettres, un autre pour remplacer à 120 kilomètres de chez lui). Pour 3700 lycées dans le pays, soit moins d’un remplaçant par établissement ! Et cela ne répond ni aux revendications sur Parcoursup, ni à celles sur l’état déplorable des locaux… Car les questions soulevées par la jeunesse sont bien plus larges que la simple question des postes non pourvus. Elles expriment leur refus d’un avenir dans une société d’oppression et d’exploitation.

Aux côtés de la jeunesse mobilisées : tous et toutes ensemble !

La mobilisation lycéenne a perturbé le calendrier bien huilé de l’intersyndicale, qui en était encore à appeler au 5 novembre. Jeudi 8 octobre, elle voulait faire le choix de morceler la mobilisation en région parisienne… les jeunes en ont décidé autrement en se rassemblant place de la République et en défilant par milliers.

Par sa ténacité, son courage et sa radicalité, la jeunesse montre l’exemple à suivre : oui, tous et toutes ensemble, nous pouvons faire trembler le gouvernement ! Nous pouvons même gagner ! Ces milliards qui s’entassent dans les coffres du grand patronat, il faudra les prendre, pour les salaires, les retraites et les services publics. Alors, dès mardi 13 octobre, soyons nombreuses et nombreux aux côtés de la jeunesse mobilisée ! Et samedi 17, tous et toutes, travailleurs et jeunes, dans la rue contre la vie chère !

Editorial du NPA-Révolutionnaires du 11 octobre 2026

 

 

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