La pétition « Supprimer CNews de l’audiovisuel français », déposée le 10 juin sur le site de l’Assemblée nationale, a dépassé le 31 octobre le palier des 300 000 signatures. Ce faisant, elle est même entrée dans le top cinq des pétitions les plus signées depuis les élections de juillet 2024. Elle vise à faire disparaître du petit écran la chaîne du groupe Bolloré qui, avec les autres médias du milliardaire breton, sature l’espace public d’un racisme décomplexé tant à travers les journaux télévisés que les débats et les chroniques des journalistes. On peut largement comprendre et partager le dégoût des signataires pour Pascal Praud et ses acolytes d’antenne qui déversent leur fiel au quotidien en prenant comme cibles d’abord et avant tout les migrants, les Noirs, les Arabes, la communauté LGBT+ et, plus récemment, les lycéens, les étudiants et les travailleurs en lutte. Si elle atteint le seuil fatidique des 500 000 signatures, une commission parlementaire l’examinera mais rien n’obligera les députés à en tenir compte. On l’a vu récemment avec la pétition contre la loi Duplomb qui avait récolté plus de 2 millions de signataires contre la ré-autorisation d’un insecticide en agriculture. Ce qui n’a pas empêché le texte d’être finalement adopté. Et si demain CNews disparaît, rien n’empêchera Bolloré de lancer une nouvelle chaîne tout aussi réactionnaire ; dans la même tonalité que tous les médias qu’il contrôle : Canal+, CStar, Europe 1, Europe 2, RFM, Le Journal du dimanche, etc. La seule solution : exproprier les grands groupes de presse capitalistes et les remettre aux mains de la population laborieuse.