Il y a eu beaucoup de monde dans la rue, dont une majorité de jeunes, dans les manifestations des 19 et 20 septembre contre la proposition de loi qui rendrait a priori légitime tout usage de leur arme pour les policiers et les gendarmes. Ce serait désormais aux victimes ou à leur famille de démontrer que les tirs policiers seraient effectués dans l’intention de blesser ou de tuer, et non pour répondre à une menace. Il est déjà très rare que des policiers soient poursuivis en justice, mais cette loi le rendra pratiquement impossible. Une loi dont Jean-Marie Le Pen s’était fait le chantre à son époque : l’extrême droite n’a pas besoin d’être (encore) au pouvoir pour faire appliquer ses projets. Votée rapidement par les députés cet été, cette loi doit désormais être discutée au Sénat… dont la couleur politique majoritaire ne laisse aucun doute sur son accord.

C’est dans la rue maintenant que les choses se jouent pour éviter sa mise en place. Entre 50 000 et 80 000 personnes ont donc battu le pavé pour dénoncer ce « permis de tuer » alors que le nombre de violences policières ne cesse de croître. En 2025, en France, quarante-neuf personnes sont mortes des suites d’une intervention policière, vingt-deux depuis le début de l’année 2026. Et dans la nuit même du 19 au 20 septembre, à Tours, une patrouille de policiers a percuté en voiture un jeune en moto, lui causant une double fracture aux jambes. Le policier au volant prétexte « un problème de freins », il s’avère que c’est un élu municipal du Rassemblement national dans une commune de la Vienne. Celui-ci est depuis en « arrêt maladie » et seulement placé sous le statut de « témoin assisté »… On a appris récemment que les caméras piétons de la patrouille n’étaient pas activées lors de l’intervention, ce qui est complètement illégal.

Légales ou illégales, la certitude c’est que les violences de la police sont aussi ordinaires que l’exploitation capitaliste dont elle est l’un des garants.

Marie Darouen