Lors d’une conférence devant des militants de son parti Jean-Luc Mélenchon, le candidat de La France insoumise, a reconnu avoir « changé d’avis » sur le voile. Il dit avoir rencontré des femmes voilées qui l’ont « convaincu ». Et de renier son ancienne position qui qualifiait le port du voile et de la burqa de « traitement dégradant », de « soumission patriarcale », refusait de parler de « stigmatisation », affirmait sa solidarité avec « les femmes du monde entier qui se battent contre cette histoire-là » et se prononçait pour son interdiction. Aujourd’hui, son tournant à 180 % a bien sûr tout à voir avec la nauséabonde campagne contre le voile relancée récemment par Marine Le Pen et le Rassemblement national dans le cadre de leur délire anti-musulman. Et ça peut se comprendre. Mais il faut faire attention de ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Nous combattons le port du voile, comme de la kippa ou tout autre signe religieux, au nom de la lutte contre l’obscurantisme et les préjugés, notamment sexistes et patriarcaux. Mais cette lutte se mène par la persuasion et l’éducation, et non par des mesures policières ou autoritaires. Et, de ce fait, nous nous opposons à toute discrimination à l’égard des femmes qui portent le voile. Mais, dans le même temps, nous sommes résolument à côté de celles qui, en Iran, dans le monde musulman et ailleurs, risquent leur liberté, voire leur vie, pour avoir le droit de ne pas le porter.