54 milliards d’économies sur les services utiles aux travailleurs pour pouvoir arroser les patrons (211 milliards de subventions), les banques (le service de la dette est devenu la première dépense de l’État) et la guerre (pour engraisser les marchands de canons et massacrer les peuples). Révolutionnaires a déjà révélé les 10 % d’économies criminelles, rétroactives sur 2026, dans le Samu social. Deux nouveaux exemples cette semaine.

Quand la Sécurité sociale manque à la première de ses fonctions

Des millions de travailleurs en arrêt maladie reçoivent leurs indemnités journalières (IJ) avec des mois de retard… et sont donc laissés sans aucune ressource pendant des mois !

Toutes les caisses (CPAM) annoncent un retard conséquent de traitement des IJ. C’est la conséquence directe des suppressions de postes qui ont cours depuis plusieurs années : deux tiers des départs ne sont plus renouvelés, les centres ferment, les lignes téléphoniques sont surchargées et on en vient à faire des « opérations coup de poing » où des agents sont extraits de leur service initial pour éponger le retard. Mais c’est aussi dû à l’obsession de la « fraude aux prestations sociales » qui freine la reconnaissance et l’indemnisation des arrêts. Alors même qu’il a été révélé que ce sont les patrons et les grosses structures médicales privées qui fraudent, pas les assurés sociaux !

Ces assurés privés de ressources pendant des mois se retrouvent parfois surendettés, voire menacés d’être expulsés de leur logement alors même qu’ils sont malades (souvent en affection longue durée). Les IJ ne sont pas une aumône, c’est un droit. En priver les familles de travailleurs malades, c’est criminel.

Gel des aides au logement (APL)

Le gouvernement a décidé d’un nouveau gel des aides au logement dans son budget 2027. Avec l’inflation actuelle, cela équivaut tout simplement à une baisse. Les aides au logement sont indispensables pour les ménages populaires, dont une grosse partie du budget part dans le logement. Sans ces aides, selon l’Insee, les 25 % de foyers les plus modestes y consacreraient 39 % de leurs revenus, entre les loyers ou remboursements de crédits immobiliers, les dépenses énergétiques ou encore les taxes. Les aides au logement permettent de ramener cette part à 32 % de leur budget, ce qui est déjà énorme. Les plus aisés, eux, n’en ont pas besoin, leur dépense pour le logement représentant moins de 13 % de leur budget.

Dès son arrivée au pouvoir, Macron avait imposé une baisse de cinq euros par mois des APL, avant d’enchaîner les gels, sous-indexation et réforme du calcul. Au final, la baisse cumulée des aides au logement des dix dernières années grève de 3 % le budget des ménages les plus modestes, s’ajoutant à l’inflation généralisée pour faire baisser leur pouvoir d’achat.

Quant à la taxe d’habitation, impôt peu progressif, sa suppression sur les résidences principales a pu soulager nombre de travailleurs et retraités. Mais les plus pauvres en étaient déjà exonérés, si bien que cela n’a même pas compensé la baisse des aides.

Au final, les inégalités face au logement n’ont fait que s’accentuer avec Macron. L’effort des ménages modestes pour se loger a continué de progresser (passé de 31,0 % en 2014 à 32,1 % en 2024), tandis qu’il a diminué pour les plus aisés (de 13,1 % à 12,6 %).

Maurice Spirz