Depuis le 17 octobre plusieurs ministres ont pointé du doigt LFI et « l’ultra-gauche », accusées d’être responsable des violences et des pillages qui ont émaillé les manifestations et les affrontements avec la police. Un thème repris à l’envi par la droite et nombre de médias. Mais dans une enquête qu’il vient de rendre publique sous le titre « La fabrique d’un bouc émissaire » Mediapart affirme, témoignages à l’appui, que la mise en cause de LFI était une consigne donnée par le gouvernement, avant même l’ouverture d’une enquête, consigne très contestée au sein même des services de renseignements. Ainsi un commissaire du renseignement territorial écrit dans un échange avec ses services : « Il y a des choses indicibles, mais quand on nous demande texto d’écrire que c’est LFI qui est derrière le mouvement alors que c’est objectivement faux de l’avis général des renseignements territoriaux, forcément on a des décisions politiques. » De plus, un responsable national d’une organisation syndicale de police explique avoir été « très étonné par ces accusations concernant LFI qui serait responsable du chaos de samedi et des saccages » et d’ajouter : « Je ne vois pas ce qu’a à voir LFI dans l’histoire de ce fiasco. C’est dangereux de politiser ainsi un échec aussi grossier et surtout de ne pas en assumer l’entière responsabilité. » Enfin, de son côté, la procureure de Paris, Laure Beccuau, a affirmé sur TF1 qu’elle ne pouvait « absolument pas confirmer » que les auteurs de violences dans la capitale sont « des personnes politisées vers l’ultra-gauche » à partir des premiers dossiers qu’elle a traités. Encore un (gros) mensonge d’État. Macron reprend à son compte le vieux dicton « Qui veut noyer son chien l’accuse d’avoir la rage ! »