Mardi 22 septembre, le président américain, Donald Trump, et la Première ministre du Danemark, Mette Frederiksen, ont dévoilé un accord à propos du Groenland. Le Danemark accepte de céder aux exigences des États-Unis qui pourront construire deux bases militaires supplémentaires et empêcher leurs rivaux russe et chinois d’y investir à leur guise. Chacun des États peut crier victoire : le Danemark, et derrière lui l’Union européenne, peuvent se féliciter d’avoir évité l’annexion pure et simple, et Trump, beaucoup plus réaliste, d’avoir obtenu « un contrôle permanent ».
Avec le début du dégel dû au réchauffement climatique, cet immense territoire arctique devient un enjeu économique et stratégique important. La route maritime par le nord est en train de se dégager, la pêche devient plus rentable et peut être industrialisée, et les très nombreuses ressources en métaux de toutes sortes dont l’île regorge deviennent exploitables. Et les brigands impérialistes de se déchirer pour la meilleure part du gâteau, qui échoit très logiquement au plus puissant d’entre eux : les États-Unis.
Quant aux 60 000 habitants de la colonie, personne ne leur demande leur avis et ils restent condamnés à végéter dans la misère – mise à part une poignée de notables opportunistes que Trump et consorts se sont mis dans la manche.
Michel Grandry