Au lendemain d’une réunion à l’Élysée convoquée par Macron, et au cours de laquelle il s’est fait remonter les bretelles, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé suspendre l’usage des grenades assourdissantes par les gendarmes et les policiers lors des manifestations lycéennes et étudiantes. Dans un premier temps, il avait revendiqué le fait de ne donner « aucune consigne de retenue » aux forces de l’ordre afin qu’elles « puissent disposer de l’ensemble de la palette des armes intermédiaires qui sont à leur disposition ». Entre-temps, un adolescent de 15 ans a perdu sa main et plusieurs dizaines d’autres ont été blessés. Ce qui a provoqué de sérieux remous dans l’opinion. À l’avenir, si les paroles de Nuñez sont suivies d’actes, les jeunes manifestants auront moins de chance de perdre l’ouïe mais pourront toujours être tabassés à coups de matraques, respirer les gaz lacrymogènes ou être la cible des projectiles des lanceurs de balles de défense qui, elles aussi, peuvent mutiler, voire tuer. L’humanisme du ministre de l’Intérieur a des limites.
