Après le jugement d’une cour d’appel les condamnant pour détournement de fonds aux dépens du Parlement européen dans l’affaire des attachés parlementaires, Marine Le Pen et onze de ses acolytes avaient contesté la décision et s’étaient pourvus devant la Cour de cassation. Mais, depuis lors, ses avocats font tout pour retarder son apparition devant le tribunal où elle risque d’être condamnée et placée sous bracelet électronique si son pourvoi est rejeté. C’est pourquoi ils ont attendu le 15 octobre, date butoir pour déposer leurs « mémoires », pour transmettre leurs documents à la justice. Et depuis ils utilisent toutes les ficelles pour que l’audience finale ait lieu après l’élection présidentielle. Pas sûr qu’ils y parviennent, le procureur général de la haute juridiction, Rémy Heitz, ayant déclaré qu’il ferait tout pour atteindre l’objectif de voir l’affaire jugée avant le printemps 2027. Quoi qu’il en soit, il est paradoxal que le Rassemblement national – qui se présente comme un parti « aux mains propres » et passe son temps à tirer à boulets rouges sur le laxisme des magistrats et la lenteur de la justice – oublie tout ça lorsque ses dirigeants sont pris les doigts dans le pot de confiture.
