Le 2 novembre s’est ouvert devant la 32e chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris le procès dit des « Dubaï Papers » qui doit se poursuivre jusqu’au 3 décembre. Il s’agit de l’un des plus grands dossiers d’évasion fiscale et de blanchiment à grande échelle jamais jugé en France. Une quinzaine de personnes et trois sociétés sont impliquées dans ce trafic financier qui s’est prolongé durant des années. Un groupe helvético-émirati, « Jawer-Hélin », avait mis au point un système complexe de sociétés offshores, de prête-noms, de comptes communs et de montages financiers (fausses factures, cartes prépayées, espèces) permettant de blanchir et soustraire des centaines de millions d’euros aux impôts. Il était appuyé par des avocats fiscalistes et des experts-comptables. Plus de 300 contribuables, parmi les ultra-riches, ont pu, par son intermédiaire, placer leur argent dans les paradis fiscaux sans payer le moindre centime d’impôt. Malgré la chute de Jawer-Hélin, de nombreuses autres officines du même genre continuent de pratiquer « l’optimisation fiscale » qui permet aux plus riches, souvent tout à fait légalement, d’échapper partiellement ou totalement à l’imposition.
