Avec le soutien du Rassemblement national, le Sénat a adopté par 229 voix contre 105 le projet de loi « casseurs-payeurs » présenté par le gouvernement et que la Chambre haute a considérablement durci. Dans sa mesure phare, le projet de loi crée une pénalité financière pour toute personne ayant « sciemment participé » à un groupement formé en vue de commettre des dégradations ou pour ceux qui se maintiendraient dans un « attroupement » susceptible de troubler l’ordre public, malgré deux sommations des forces de l’ordre. L’État pourrait donc se retourner y compris contre les simples témoins passifs de dégradations, dans une limite de 10 000 euros par personne en piochant éventuellement dans les allocations familiales, les aides personnelles au logement, le RSA, le complément familial, l’allocation de rentrée scolaire, mais aussi la prime d’activité. Une façon de cibler la population la plus modeste. S’ajoutent à cela de nouvelles interdictions administratives de manifester, des peines complémentaires d’interdiction de territoire pour les étrangers, l’aggravation du quantum des peines, l’utilisation facilitée de « drones judiciaires » ou de la vidéosurveillance algorithmique, et l’expulsion de logements sociaux pour « les fauteurs de troubles » et leurs familles. Une législation scélérate attentatoire à la liberté de manifester et qui introduit une punition collective pour celles et ceux qui braveraient les interdictions.
