Les deux cofondateurs de la plate-forme de livraison de repas Frichti, placée en liquidation judiciaire en 2023, se retrouvent devant le tribunal correctionnel de Paris pour travail dissimulé et emploi illégal de travailleurs sans papiers. Comme certains de ses concurrents, tels Deliveroo et Uber Eat, elle employait principalement des immigrés sous le statut fallacieux d’auto-entrepreneurs, ce qui lui permettait de les priver de leurs droits élémentaires. En 2020, en pleine pandémie, une mobilisation de plusieurs dizaines d’entre eux avait mis en lumière cette situation. Aujourd’hui on reproche aux deux ex-dirigeants le fait que l’immense majorité des livreurs parisiens n’avaient pas de papiers et la plateforme s’était soigneusement abstenue de les aider à régulariser leur situation. Plus de 200 livreurs se sont portés partie civile aux côtés des syndicats Solidaires et CNT-Solidarité ouvrière. Le procès de patrons voyous mais aussi celui de la surexploitation des travailleurs migrants.